13 ans de recherche scientifique : les PPT sont en ligne

 Présentation à l'Assemblée nationale, Paris, France • 11 décembre 2019

 Les ppt des interventions des chercheurs sont en ligne ici :
 
Patrimoine et développement à Timor Leste : 13 ans de recherche scientifique

publié par Association France Timor Leste @ 09:20, ,




Patrimoine et développement à Timor Leste : rencontre à l'Assemblée Nationale le 11 décembre





Une rencontre organisée à l'initiative de la Députée Pascale Boyer, présidente du Groupe parlementaire d'amitié France-Timor et de l’association France-Timor Leste, pour présenter le travail des équipes de l'IRD au Timor, aura lieu le 11 décembre prochain, à 17h30, au Palais Bourbon (Assemblée Nationale), à Paris.


Patrimoine et développement à Timor Leste: 13 ans de recherche scientifique (IRD-MNHN)


Initiée à la demande de l’Ambassade de France, la recherche scientifique menée depuis 2006 par l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement, équipe basée au Muséum national d'histoire naturelle) et ses partenaires à Timor Leste, a connu plusieurs phases, toutes axées sur la connaissance et le renforcement des cultures et des identités locales.


A travers les différents terrains étudiés, Balibo, Suai et Atauro, plusieurs présentations viennent rendre compte du contexte, des enjeux et de quelques-uns des résultats des recherches menées par les chercheurs d'une équipe interdisciplinaire en archéologie, géographie, ethnologie et écologie.


  • Contributeurs :
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  • Dominique Guillaud, géographie culturelle
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  • Jean-Christophe Galipaud, archéologie
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  • Ariadna Burgos, ethnoécologie
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  • Nicolas Cesard, ethnoécologie
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  • Laure Emperaire, ethnoécologie
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  • Elisabeth Habert, géomatique
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  • Brunna Crespi, ethnogéographie 



L'inscription, obligatoire, doit être enregistrée jusqu'au vendredi 6 décembre à midi.

Si vous souhaitez y assister
envoyez un email à : francetimorleste@gmail.com

publié par Association France Timor Leste @ 04:04, ,




Nouvel ambassadeur français à Jakarta, pour l'Indonésie et Timor-Leste

Olivier Chambard, nouvel ambassadeur de France en Indonésie

Par Lepetitjournal Jakarta | Publié le 03/10/2019 à 23:30 | Mis à jour le 03/10/2019 à 23:30
 
Photo : Olivier Chambard ambassadeur de France en Indonésie
Olivier Chambard nouvel ambassadeur Indonesie
 
 
Olivier Chambard est le nouvel ambassadeur de la France auprès de l’Indonésie, de Timor Leste et de l’ASEAN. L’Indonésie est le premier poste d’ambassadeur pour ce diplomate. Néanmoins, l’archipel ne lui est pas inconnu car il occupa le poste de deuxième conseiller à l’ambassade de Jakarta de 1997 à 2000. Olivier Chambard parle indonésien, un atout certain pour les relations diplomatiques entre nos deux pays. 

Diplomate de carrière, Olivier Chambard a été trois fois en poste à Londres, comme chef de cabinet, conseiller politique, directeur de l’Institut Français et enfin Consul Général. Diplômé de l’Institut des langues orientales (Hindi), il a occupé les fonctions de sous-directeur d’Asie méridionale et du sous-continent indien, avant d’être secrétaire permanent de l’association des maires francophones puis directeur adjoint Afrique au Ministère des Affaires étrangères et enfin inspecteur des affaires étrangères.

publié par Association France Timor Leste @ 08:55, ,




Jacques Chirac et le Timor Leste (pour mémoire)




En 2003, Jacques Chirac a reçu Xanana Gusmão à l'Elysée, lorsque celui-ce était venu à Paris pour recevoir, au siège de l'UNESCO, le "Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la Paix".

Xanana Gusmão était à l'époque le premier Président élu au suffrage universel de la République Démocratique du Timor Leste, qui avait retrouvé son indépendance le 20 mai 2002. C'est à lui que le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, avait transmis la gouvernance du nouveau pays.

Du coup, la venue à Paris du lauréat du Prix de l'UNESCO, a éte "reclassée" et Xanana a été reçu en Chef d'État.
Il a été reçu d'ailleurs très longuement, une heure et quart, à contraster avec l'accueil expéditif, la veille, du général Colin Powell, Secrétaire d'État de Georges Bush, venu expliquer pourquoi la diplomatie française avait tort de refuser l'attitude va-t-en-guerre des américains en Irak.

En cadeau d'Etat, connaissant la passion de Chirac pour les arts asiatiques, Xanana avait apporté deux statuettes de Ataúro, sorties d'une maison lulik (sacrée) pour "être mises sous sa protection" (photo 1 : Xanana présente les statuettes à Jacques Chirac)

Et la deuxième photo ci-dessus a été confiée à l'Ambassadeur français pour l'Indonésie et le Timor, le regretté Renaud Vignal, qui venait tout juste d'être nommé et préparait son premier voyage  au Timor, pour qu'il aille personnellement rencontrer le chef de la maison lulik, le rassurer sur le nouvel endroit où les statues allaient rester (l'Elysée) et la placer (la photo) là ou étaient les statuettes auparavant.
Ce qui a été fait...

De la rencontre qui a suivi nous ne disposons pas de photos mais elle a permis de passer soigneusement en revue la situation du Timor, les difficultés immenses qui se présentaient, de débattre sur les coopérations française et européenne.


publié par Association France Timor Leste @ 16:31, ,




Documentation sur Timor-Leste à la bibliothèque de l'EFEO

En 2004 l’association "Agir pour Timor" a fait un dépôt de documentation générale sur le Timor Leste, regroupant des bulletins, revues, livres, communiqués de presse et photos, à la Maison de l'Asie de l’École Française d'Extrême Orient (EFEO).


EFEO
La liste des documents diponibles est en ligne :
https://www.efeo.fr/search.php?code=1&sn=base.php&l=FR&searchtext=timor


École française d'Extrême-Orient
22, avenue du Président Wilson
75116 Paris, France

publié par Association France Timor Leste @ 03:25, ,




Participation française au 20ème anniversaire du référendum d’autodétermination du Timor-Est



Du site de l'Ambassade de France pour l'Indonésie et le Timor Leste


https://id.ambafrance.org/Participation-francaise-au-20eme-anniversaire-du-referendum-d-autodetermination


A l’occasion du 20ème anniversaire du référendum d’autodétermination de Timor-Est, des festivités ont eu lieu à Dili les 29 et 30 août. La députée Pascale Boyer, présidente du groupe d’amitié France-Timor-Est, a conduit la délégation française pendant ces célébrations.

Lors de son séjour, Mme P. Boyer a eu des entretiens avec le Président de la République, Francisco « Lu-Olo » Guterres, le Premier Ministre, Taur Matan Ruak, le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Dionisio da Costa Babo Soares, ainsi que José Ramos-Horta, ancien président du Timor-Est et prix Nobel de la Paix.

Ces discussions ont permis d’aborder les secteurs clés de notre coopération tels que la gouvernance, la formation professionnelle, notamment dans le domaine de l’hôtellerie-restauration ou encore la formation des hauts fonctionnaires, et la recherche académique avec l’Institut de recherche et de développement (IRD) et l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (IRASEC).


Composition du Groupe parlementaire d'amitié France - Timor Est :
http://www2.assemblee-nationale.fr/instances/resume/OMC_PO733647/legislature/15

publié par Association France Timor Leste @ 06:01, ,




José Ramos-Horta, diplomate combattant


LA CROIX

Portrait

Il a bataillé pendant vingt-cinq ans pour obtenir que son petit pays, le Timor oriental, poussière de l’Empire portugais, ne soit pas oublié et devienne une nation.

  • Pierre Cochez, envoyé spécial à Dili (Timor oriental), 
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José Ramos-Horta, diplomate combattant

Son jeune et petit pays se « situe à la fin du monde », explique-t-il dans un français parfait en employant toute la poésie mélancolique de la langue portugaise, celle avec laquelle il a grandi et qu’il partageait avec son père. Le Timor oriental, avec son million d’habitants, « ne fera l’objet que d’une note en bas de page dans l’histoire du monde », estime José Ramos-Horta, qui ne s’en formalise pas.

Le Nobel de la Paix en 1996

Il est né en 1949 sur cette moitié d’île lointaine, isolée, oubliée, une poussière de l’Empire portugais inexplorée durant deux siècles, puis une étape pour des navigateurs qui rapportaient vers l’Europe son café.

Pendant une trentaine d’années, José Ramos-Horta, aujourd’hui âgé de 69 ans, a lutté pour que son peuple soit indépendant des Portugais, puis des Indonésiens. Il y est arrivé. Son action diplomatique a été couronnée par le Nobel de la paix en 1996, prix qu’il a reçu en même temps que l’évêque de Dili, Mgr Carlos Belo.


Il est ensuite devenu président de la jeune république, l’espace d’un mandat (2007-2012). Il précise : « notre liberté gagnée, nous n’avons pas cherché vengeance ni imposé la justice des vainqueurs. Nous avons pardonné à nos ravisseurs et à nos bourreaux sans attendre d’excuses. Nous avons rejeté le projet d’un tribunal international pour les juger. Notre indépendance a été la plus grande des justices qui nous a été rendu. »

Un père portugais exilé au Timor en 1933

José Ramos-Horta reçoit sous l’auvent d’un des bâtiments de sa maison entre une Vespa rouge, un barbecue circulaire, une pirogue en bois et un antique gramophone. Il déploie ce charme avec lequel il a défendu son pays sur tous les continents pendant vingt-cinq années.

Installé face à un colossal tronc d’arbre transformé en table basse, le visiteur découvre sur sa main le museau d’une biche. Elle réclame l’un des biscuits qui accompagne le café. Sa maison est située sur les hauteurs d’un quartier résidentiel de Dili proche de la mer et pas loin d’une statue du Christ-Roi de 27 mètres de haut.

Dominant les flots, celle-ci a été bâtie par l’occupant indonésien pour tenter de se gagner les faveurs des Timorais, tous catholiques. Une atmosphère sud-américaine se dégage de cette sorte d’hacienda gardée par trois policiers débonnaires.

L’histoire familiale de José Ramos-Horta est douce et tragique. Comme celle de son pays. Son père, sous-officier sur un bateau de guerre de la marine portugaise, est exilé au Timor en 1933 pour s’être opposé au régime du dictateur Salazar.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint l’armée australienne pour combattre les Japonais qui ont investi l’île, puis épouse une Timoraise et s’installe définitivement au Timor après un bref retour au Portugal. Ils auront douze enfants, dont José.

Ministre d’un éphémère gouvernement à 25 ans

« Dès l’âge de 13 ans, je voulais être journaliste, raconte-t-il. Juste après mes études secondaires, un officier portugais m’a appris à me servir d’une caméra. » Le jeune reporter est « sensible à la pauvreté, à Timor comme au Portugal. »

En 1974, la Révolution des œillets voit Lisbonne abandonner brusquement toutes ses colonies, jusqu’à celle de « la fin du monde ». À 25 ans, José Ramos-Horta devient le ministre des affaires étrangères – pendant dix jours – de l’éphémère gouvernement du Fretilin, le front timorais de libération nationale, qui se réclame du marxisme. « Nous n’étions pas un mouvement idéologique à proprement parler, précise-t-il, mais des individus qui, chacun dans notre coin, rêvions d’indépendance. »

En décembre 1975, les Indonésiens, profitant du retrait des Portugais, envahissent le Timor oriental. Il prend alors la direction de New York pour plaider la cause de sa jeune nation à l’ONU. Avec un autre militant du Fretilin, Xanana Gusmao, ils décident de se partager les tâches : José Ramos-Horta bataillera sur le plan diplomatique à l’étranger et Xanana Gusmao mènera la guérilla dans l’île. Mais ce dernier est capturé par les Indonésiens.

Trois de ses frères et sœurs seront tués par l’armée

En 1997, Nelson Mandela en visite en Indonésie, va le rencontrer. « Les Indonésiens l’ont autorisé à sortir de la prison pour un soir, juste pour dîner avec le président sud-africain. » Aujourd’hui, Xanana Gusmao fait figure de père de la nation timoraise, après en avoir été le président.

Retour aux années de lutte. À New York, Jose doit apprivoiser les arcanes de l’ONU tout en vivant en compagnie de cafards dans des logements de fortune. Il fait quelques traductions pour gagner de quoi manger. Depuis cette expérience, à chaque fois qu’il revient dans la ville, il se souvient « de cette expérience de la pauvreté, de la solitude et de l’indifférence des gouvernements étrangers à ma cause. » Durant l’occupation indonésienne – qui a fait 200 000 morts –, trois de ses frères et sœurs seront tués par l’armée.

Le soutien des milieux catholiques

Dans son combat diplomatique, Jose Ramos Horta a été soutenu par les représentants du Mozambique, de la Guinée-Bissau et « Selim, le délégué tanzanien qui m’a aidé très concrètement ». Une solidarité entre des nouvelles nations tout juste sorties de la colonisation. Il reconnaît aussi le rôle « impressionnant du Portugal, qui nous a soutenus avec intégrité et fermeté dans notre lutte, notamment le premier ministre Antonio Gutteres ».


Tout au long de ces années de batailles de couloir, il a aussi reçu le soutien de dirigeants et organisations catholiques : « le Cardinal Etchegaray, qui avait écrit une tribune dans Le Monde, la Conférence épiscopale américaine et, en France, le CCFD Terre Solidaire. La courte visite du Pape Jean-Paul II à Dili a permis aussi de placer Timor sur l’agenda international. » Lui, pendant ce temps, n’hésite pas à coller des affichettes pour la cause du Timor dans les toilettes des diplomates lors d’une conférence internationale sur les droits de l’homme. « Les panneaux d’affichage débordaient de tracts sur tous les combats planétaires. Alors j’ai eu cette idée pour que notre cause soit remarquée… »

Révolté par l’extrême pauvreté

Un coup de téléphone l’interrompt dans le récit de son combat. « C’est un député, explique-t-il. Ils sont en pleine crise au Parlement ». L’ancien président, toujours aux affaires, n’écarte pas l’éventualité de se présenter à nouveau à la présidence lors des prochaines élections. « La seule raison d’être dirigeant est d’aider à améliorer la condition des gens les plus faibles. Sans ça, le pouvoir n’a aucun sens. Ceci dit, il faut beaucoup d’intelligence pour mobiliser des financements afin de faire justice à ceux qui sont oubliés et méprisés depuis des générations. »

L’extrême pauvreté le révolte littéralement. « C’est une faillite des dirigeants des pays du Sud. Nous ne pouvons pas échapper à notre responsabilité. On ne peut pas blâmer tout le temps les Américains pour la corruption. » Il affirme n’avoir jamais été inspiré dans son combat par l’idéologie de Karl Marx, comme certains de ses compagnons de lutte.

Son pays, le Timor Oriental, a la chance de disposer de ressources pétrolières et a eu la sagesse de se constituer un fonds pour les générations futures de plusieurs milliards d’euros. L’ancien militant relativise les effets bénéfiques de l’aide au développement des pays occidentaux. « Ils dépensent plus pour le fonctionnement du projet que pour sa réalisation elle-même. Alors les milliards d’euros d’aides sont peu visibles sur le terrain. »




Le téléphone sonne à nouveau. L’appel du député se fait plus pressant. Jose Ramos-Horta décide de descendre en ville pour tenter de régler la crise. Il emmène le visiteur sous un autre auvent qui lui sert de garage et montre sa jeep kaki de la « Légion étrangère », en pleine restauration. Puis il invite le visiteur à monter dans sa Moke, une sorte de voiture de parcours de golf, bleu ciel et blanche, et branche sa musique pour gagner Dili. Heureux petit pays.

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Bio express

1949. Naissance à Dili, capitale du Timor oriental.

28 novembre 1975. Le Fretilin proclame la création de la République démocratique du Timor oriental. Il en devient le ministre des affaires étrangères. 

7 décembre 1975. L’Indonésie envahit le territoire et force José Ramos-Horta à l’exil.

1975 à 1985. Il représente le Fretilin à New York à l’ONU. Il prend part au dialogue organisé par les Nations unies et les États-Unis entre l’Indonésie et les Timorais.

1996. Il reçoit le prix Nobel de la paix conjointement avec l’évêque de Dili, Mgr Carlos Belo.

1999. L’ONU organise un référendum d’autodétermination qui conduit à l’indépendance du Timor oriental en 2002. Il devient ministre des affaires étrangères.

2006. Il est nommé premier ministre. Un an plus tard, il est élu président de la République mais ne sera pas réélu en 2012.

2008. Il est la cible d’un attentat pour lequel il sera hospitalisé en Australie.
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Coups de cœur

« Les Misérables » de Victor Hugo
Dans un discours devant les députés, alors que j’étais président, j’ai cité cette œuvre littéraire pour expliquer ce qui me motivait. Je me sens solidaire du héros de Victor Hugo. Jean Valjean a été condamné pour avoir voulu lutter pour nourrir sa fille. Il a été arrêté, persécuté pendant des années par l’inspecteur Javert. J’ai dit aux députés que s’ils ne voulaient pas que je viole les lois de notre pays, il fallait qu’ils aident les pauvres.

Danielle Mitterrand
L’épouse du président français est venue au Timor oriental quand nous combattions pour notre pays. Elle a logé dans une chambre sans eau chaude et cela ne lui posait pas de problème. C’était une femme avec un cœur en or. Une belle personne. Son association France Libertés nous a soutenus et a fait beaucoup pour nous aider à avoir notre indépendance.


https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Jose-Ramos-Horta-diplomate-combattant-2019-06-29-1201032186

publié par Association France Timor Leste @ 07:33, ,




Lancement du "Pigafetta" de Luis Cardoso



 

publié par Association France Timor Leste @ 01:27, ,




Lancement de l'édition française du "Pigafetta" de Luis Cardoso


publié par Association France Timor Leste @ 08:24, ,




Volontaires au Timor oriental, pour « mettre la foi au centre »

LA CROIX

https://www.la-croix.com/Volontaires-Timor-oriental-mettre-foi-centre-2019-04-27-1101018145


Au Timor oriental, « La Croix » a rencontré des volontaires partis pour deux ans avec Fidesco vivre une expérience spirituelle au service des pauvres.
  • Pierre Cochez,
Volontaires au Timor oriental, pour « mettre la foi au centre »
Dili, Baucau

De notre envoyé spécial

Ils sont arrivés il y a juste une semaine à Dili avec leur petite fille de 3 mois. Pour l’instant, Henriette et Louis-Gabriel, originaires d’Étampes (Essonne), n’ont comme logement qu’une pièce dans le petit séminaire de la capitale du Timor oriental. Ils s’adaptent tous les trois à la chaleur moite, aux repas partagés avec les prêtres et à la langue tetoum, qu’ils comptent bien apprendre.

Henriette et Louis-Gabriel ont quitté Vincennes et leur vie professionnelle. Henriette était manager dans le département logistique de Decathlon. Elle explique la raison de ce départ pour Dili : « Dans notre vie, la place de Jésus était le dimanche. L’obligation de chaque chrétien d’aider les pauvres ne prenait qu’un petit bout de notre agenda. Alors, nous avons choisi de partir, une sorte d’abandon pour remettre notre foi au centre et quitter pour deux ans une vie qui avait déjà ses habitudes. » Ils ont choisi de s’engager comme volontaires pour Fidesco. Henriette remarque que « s’engager loin avec un petit enfant n’était pas un problème. Je suis partie tout bébé avec mes parents au Vietnam où ils étaient volontaires, déjà pour Fidesco ! ». Ici, à Dili, Henriette est professeure d’anglais et de musique, Louis-Gabriel de français et de microentreprise.

Émeric Clair a fait le déplacement jusqu’au Timor oriental pour rendre visite aux huit volontaires de l’association qu’il dirige, après une expérience professionnelle dans la grande distribution. Il aura de longs entretiens individuels avec chacun d’entre eux en compagnie de la responsable du pays, une bénévole qui travaille à l’Arche. « Partir avec Fidesco, c’est être préparé à entrer dans un immense respect envers la culture et les personnes vers qui l’on va », explique Émeric, qui a vécu cette expérience avec son épouse à Madagascar.

Les volontaires Fidesco font le choix d’être au plus près des habitants des pays dans lesquels ils travaillent pour un ou deux ans. Rétribués en moyenne 120 € par mois, ils sont mis à la disposition d’un diocèse pour des missions administratives, d’enseignement ou d’encadrement de jeunes. Ces candidats au départ ne choisissent pas leur destination. Ahna Krypczyk, une Polonaise qui travaillait dans une multinationale de Cracovie, raconte : « Je pensais à l’Amérique latine ou l’Afrique et je me retrouve à côté de l’Australie et de l’Indonésie. Mais j’étais en confiance avec l’organisation, certaine que le Christ allait m’accompagner. »

Ici, Ahna a appris à patienter, à ne pas planifier. « Les Timorais prennent soin de moi. Parfois, ce sont eux les missionnaires. » C’est aux JMJ de Cracovie, en 2016, qu’elle s’est posé la question, présente dans cet appel du pape : « Qu’est-ce que Dieu veut pour moi ? » « Le signe a été, pour moi, la rencontre avec une volontaire qui partait en mission en Afrique. »

Ici, à Dili, elle est professeure d’anglais et partage une sorte d’Algeco – un reste d’une base militaire des forces de l’ONU qui ont accompagné l’indépendance du Timor – avec Ana Matos dos Reis, une volontaire d’origine portugaise. « C’est important de prier ensemble », dit-elle devant une statue de la Vierge et de petits Post-it jaunes collés au mur qui reprennent des phrases de l’Évangile. « Cette mission me permettra de m’orienter dans le service des autres. On me demande parfois : “Est-ce que vous fuyez quelque chose en venant ici au bout du monde ?” En réalité, on peut fuir dans son propre pays. Il me paraît plus important de s’interroger sur le sens de sa mission », souligne Ahna.
Émeric Clair a sa propre réponse : « L’objectif est vraiment de servir l’Église. Pour être missionnaire, il faut vivre avec l’Esprit Saint. Se laisser toucher par l’autre, c’est impossible à faire tout seul. Seul l’Esprit Saint peut me permettre ça ! »

Chacun de ces volontaires est animé d’une foi solide. Zoé et Pierre-Jean Gougis, tout en haut de la montagne noyée dans les brumes, commencent leur journée par une messe à 7 heures, avant de marcher une bonne heure. Une fois par mois, ce couple de Chartres fait le point sur sa mission. Ils vivent à la paroisse en compagnie de deux prêtres et de deux séminaristes. « Ici, la place du prêtre est centrale. C’est un acteur très important du développement. Nous ne manquons de rien. Nous avons l’eau courante et un générateur, ce qui n’est pas le cas de tout le monde ici », explique Pierre-Jean.
À quelques heures de voiture de Dili, on arrive à Baucau, la deuxième­ ville du pays. C’est là que vivent le Français Julien Sébert et le Néerlandais Quirien van Berkel. Tous deux sont professeurs d’informatique et d’anglais au lycée du Sacré-Cœur de Jésus. Ils partagent la même maison, qui était l’ancienne cure. « Je voulais me couper de mon luxe et passer une année de service dans une ONG chrétienne pour approfondir ma foi en servant les plus pauvres, et pas seulement en faisant des selfies avec des amis africains pour les mettre sur Facebook. »

Quirien, lui, s’est engagé pour deux années à Baucau après deux années de philosophie et trois de théologie à Rome dans le cadre de sa formation pour devenir prêtre, dans son diocèse d’origine, aux Pays-Bas. « J’ai envie de servir les gens que je connais, chez moi. Mais avant, je voulais avoir une expérience, loin, pour me donner aussi du temps pour discerner. » Quirien a rencontré Fidesco lors d’un salon pour des jeunes catholiques en Hollande. Il a été convaincu par le sérieux de l’organisation, « même si l’émotion partagée par la communauté de l’Emmanuel, avec des chants et des veillées en commun, n’est pas forcément ma spiritualité ». Sa mission pour lui consiste à « enseigner à ce peuple pour qu’ils puissent prendre une place dans leur communauté. Ils ont cette chance de pouvoir construire une jeune nation. Ce n’est pas le cas dans un vieux continent comme l’Europe ». Une manière de résumer le sentiment général de tous ces volontaires saisis par l’énergie des Timorais.


publié par Association France Timor Leste @ 09:43, ,